Cigarette et course à pieds, un mariage explosif ! Comment j'ai divorcé du tabac...

Quit smoking cigarettesSi vous êtes runner et marié avec la cigarette, il vaut mieux de suite prononcer le divorce !

Si vous vous dites « je cours donc je réduis l’effet de la cigarette », vous vous mettez le doigt dans l’œil ! Même si, pour ceux qui ne peuvent pas s’arrêter, Tabac Info Service préconise fortement de s’abstenir de fumer deux heures avant et après l’entrainement, les effets néfastes sont désastreux pour votre organisme.

Mais que se passe-t-il donc dans votre corps quand vous êtes fumeur-runner ? Quels sont les effets positifs de l’arrêt du tabac sur la course à pieds ?

Et découvrez aussi comment j’ai arrêté de fumer, sans aucune aide, mais simplement avec la volonté.

Vous êtes simplement fumeur… Les produits nocifs contenus dans la fumée du tabac perturbent le fonctionnement de votre organisme. Ils modifient entre autre la structure intérieure de votre appareil respiratoire et paralysent votre système immunitaire… Vous êtes susceptible de tomber malade, de prendre plus de bronchites, des infections ORL (nez, bouche, oreilles), des infections dentaires… et j’en passe…

Vous êtes un runner… vous développez vos capacités respiratoires, vous renforcez votre ossature, vous renforcez vos défenses immunitaires… très simplement vous entretenez votre santé…

Maintenant, vous êtes fumeur et runner… vous croyez qu’il va se passer quoi ?

Lors de l’effort qui  nécessite l’augmentation de la respiration et de la fréquence cardiaque, les substances chimiques vont attaquer les muqueuses diminuant la capacité respiratoire. Qui dit moins d’oxygène, dit fréquence cardiaque en hausse, et une menace d’hypoxie des tissus musculaires due à la combinaison du monoxyde de carbone (ce fameux gaz inodore qui asphyxie les personnes dans leur sommeil…) et de l’hémoglobine.

Sur le long terme, le cœur va se fatiguer et le risque d’infarctus est bien réel, ainsi que celui d’AVC. Et je ne parle pas des baisses de performance en endurance et en vitesse dues à la mauvaise qualité des muscles attaqués par les toxines générées par le tabac.

A présent, vous êtes un runner... et vous venez d’arrêter de fumer… il va falloir un peu de temps pour que tout revienne à la normale. Environ 5 ans pour retrouver un risque cardiaque de base… La capacité respiratoire va rapidement revenir, mais il faudra 10 ans minimum pour que le risque de cancer du poumon retrouve un niveau de risque normal. Vos artères vous diront également merci, elles seront débarrassées de la couche de nicotine qui les encrasse.

Bref, que du positif… Encore faut-il réussir à s’arrêter ! Le sport aide à l’arrêt du tabac, cela se fait naturellement. Mais ce n’est pas évident, car de suite après avoir écrasé votre dernière clope et couru votre premier kilomètre, vous allez pendant plusieurs jours ou semaines, ressentir des irritations de la gorge, avoir de la toux ... ce qui peut provoquer une gêne respiratoire. Mais c’est une bonne chose. La toux prouve que les cils vibratiles qui tapissent votre gorge et les cellules qui tapissent vos bronches se remettent à faire leur travail et évacuent les déchets, ce qui était impossible lorsque vous fumiez. Vous devriez voir une amélioration dans les prochaines semaines, et très rapidement vous allez améliorer vos performances. Et comme je le dit à chaque fois, si vous ne voyez pas d’amélioration venir, il faut absolument consulter votre médecin.

Vous pouvez bien évidement vous faire aider pour arrêter de fumer. Il existe les patchs, mais attention, il ne faut pas courir avec ! On ignore encore les effets que cela peut avoir lors d’un effort intense. Vous pouvez également vous faire accompagner en en parlant à votre médecin, votre pharmacien, ils peuvent aussi vous orienter vers un tabacologue, dont la liste se trouve sur le site de Tabac Info Service.

Et puis… il y a la volonté… et croyez-moi, il n’y a rien de plus simple et naturel. Cela vous rend plus fort, et vous aide dans la vie de tous les jours. Je ne savais pas si cela allait fonctionner, mais j’ai comme devise cette phrase de Mark TWAIN : « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »… alors moi aussi je l’ai fait !

Mon passé de fumeur a duré 22 ans… j’ai commencé à l’âge de 16 ans… 22 + 16 = 38 ans… j’en ai actuellement 55… 55 – 38 = 17 ans… voilà cela fait 17 ans que j’ai écrasé ma dernière clope, en me disant PLUS JAMAIS !  17 ans que je n’ai plus retouché à ce tube de papier avec de mauvaises choses dedans… Et le meilleur, je n’ai JAMAIS ressenti un manque durant ces 17 années.

Durant ces 22 années, j’en ai fait des tentatives, comme tous les fumeurs, des paris entre potes, des bonnes décisions du premier janvier. Cela tenait 1, 2, 4 mois, et hop ça repartait de plus belle. 25 à 30 cigarettes par jour.

Et pourquoi cela ne fonctionnait pas ? Parce que ce n’était pas moi qui prenais la décision, non, je m’appuyais sur des béquilles… le premier janvier, les copains… pour que cela marche il fallait autre chose, un déclic…

Le déclic, c’est la santé. Personne aujourd’hui ignore les problèmes de santé que provoque la cigarette. Mais faut-il encore arriver à se projeter dans le futur.

La cigarette ce n’est pas comme lorsque l’on mange un truc pas frais, on est malade dans les heures qui suivent, c’est tout de suite. La cigarette, et bien... il ne se passe rien pendant des années, on se croit plus fort que les autres, la maladie ce n’est pas pour moi. Arriver à passer ce stade et se dire que cela peut nous tomber dessus, c’est ça le déclic. Mais cela ne suffit pas. Il faut autre chose, car c’est encore abstrait pour notre petit cerveau, qui lui demande sa dose de nicotine, sa dose de plaisir. Il faut lui faire comprendre que c’est mal, qu’il ne doit pas absorber toutes ces substances nocives, que c’est dangereux pour lui et le corps qui l’abrite.

Alors c’est là que commence ce long travail de prise de conscience. Quand je dis long, il faut compter plusieurs mois à un an environ. Un an, c’est la durée ou je me suis dit à chaque cigarette, à chaque bouffée : « c’est dangereux ce que tu fais, tu joues avec ta santé, tu vas tomber malade, il faut que tu arrêtes ça, c'est de la merde ! ». Je me suis dit ça sur près de 10 000 cigarettes… je vous laisse imaginer le nombre de bouffées...

Mais il ne faut pas croire que cela a été difficile, pas du tout, cela était devenu un réflexe, et les personnes fumeuses qui m’entouraient ne se doutaient absolument pas de ce qui se passait dans mon cerveau. Je tenais normalement les discussions, mais mon inconscient minait le terrain. A tel point que tout le monde rigolait quand je disais que bientôt je ne fumerais plus, surtout que ma consommation n’a jamais réduite. Bien évidement je n’ai dit à personne le combat intérieur que je menais.

Et un soir vers les 22 heures, je m’en rappellerais toujours, j’étais sur mon canapé, je prenais au moins ma vingt-troisième clopes de la journée, trois bouffées… et à la quatrième un dégout, une envie de vomir… impossible de continuer à aspirer cette fumée bleue… et là je l’ai écrasé, en me disant : « ça y est, c’était la dernière, bravo mon petit Fred (c’est le petit nom de mon cerveau) !

C’était il y a 17 ans… il y a 18 ans la phrase de Mark TWAIN a résonné dans ma tête, et depuis elle ne me quitte plus. Elle est belle cette phrase. Elle permet de réaliser de grandes choses dans la vie de tous les jours. Il faut tout simplement vouloir.

Je vais à présent chausser mes baskets, courir et respirer à plein poumons !

Sources : données croisées Tabac Info Service, Haute Aurorité de Santé, Fédération des cardiologues

 

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