Courir en période de pollution... Quels sont les risques ?

Difficile de courir un marathon dans de telles conditions 2145559 800x400Il y a encore 3 ans en arrière, les grandes villes subissaient des pics de pollution 3 ou 4 semaines par an. Mais ces derniers temps, il ne se passe pas un mois sans qu'un pic de pollution viennent se greffer à l'actualité. En région lyonnaise, presque tout le mois de janvier 2017 s'est déroulé en alerte. A noter également que cette pollution ne s'arrête plus aux frontières des villes mais à tendance à s'étendre largement. Et en dehors des jours ou les médias relatent les alertes, ne croyez pas que l'air est toujours pur... non non... elle n'atteint pas le niveau de déclenchement, mais elle est toujours là à jouer avec nos petits poumons...

D'où la question : peut-on courir avec la pollution ?  

Ozone, dioxyde d'azote, dioxyde de soufre, monoxyde de carbone, particules fines... c'est un joyeux cocktail que nous respirons tous les jours... et il a un effet dévastateur sur les personnes les plus faibles. On impute à la pollution humaine 42000 décès en France chaque année.

Faisons un peu de chimie, et découvrons les méfaits de ces principaux polluants. Le dioxyde de soufre (SO2) provient principalement du chauffage, de l'industrie par l'intermédiaire de ses cheminée, mais aussi de la circulation automobile. Il provoque des irritations des bronches, des yeux et des muqueuses. L'ozone (O3) a besoin quand à lui de la lumière du soleil durant plusieurs jours consécutifs (par conséquent d'un anticyclone) provoquant une réaction chimique avec les hydrocarbures et le dioxyde d'azote. Ses effets porteront sur des irritations de la gorge, du nez, des yeux. Les oxydes d'azote (NO et NO2) sont essentiellement provoqués par la circulation automobile et un peu par l'industrie. Contrairement aux autres gaz qui sont généralement incolore, celui-ci à une teinte brunatre. Ces méfaits porteront sur les voies respiratoires provoquant une sensation de gorge irritée faisant tousser. Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz inodore et incolore venant pratiquement que de la circulation. Ce qu'il provoque sur le runner est physiquement palpable : une sensation de manque d'énergie. Car le CO va venir se fixer sur l'hémoglobine à la place de l'oxygène. Et qui dit effort, dit que les muscles on besoin de plus d'oxygène. Bilan, un footing d'une demi-heure augmente le taux de CO sanguin de 10 fois environ. Terminons par les particules fines. Elles sont constituées d'un mélange de poussière par exemple avec des molécules résiduelles issues de combustion de moteurs diesel et d'industrie. Elles sont tellement fines qu'elles vont s'introduire profondément dans le système respiratoire provoquant de nombreuses irritations. Elles impactent également les yeux.

Qui pollue ? Bien que l'automobile soit présente dans tous les polluants, elle ne représente que 14%. Ensuite viennent le chauffage et le tertiaire avec 33%, puis l'industrie avec 29%, l'agriculture/sylviculture 20%. Les 4% restants proviennent de la pollution naturelle type éruption volcanique.

Après ce constat bien noir, faut-il s'abstenir de courir lorsque l'air est pollué ?

Pour essayer de comprendre quels sont les effets de la pollution sur l'homme sportif, des chercheurs ont (Vieira et al. 2012) réalisé une étude sur des souris. Deux groupes ont été placé dans le même univers pollué durant cinq semaines, mais un groupe ne faisait aucun exercice, tandis que l'autre en faisait 5 fois par semaine. A l'issue du test, les résultats ont montré que les souris « sédentaires » souffraient d'irritations des poumons et de stress oxydatif à cause des radicaux libres générés. Pour le groupe « sportif » aucune altération n'a été relevé. C'est sur, ce test a été conduit sur des animaux, (les études sur les humains étant on s'en doute bien absentes), mais en extrapolant sur l'homme, le sport permettrait de contrebalancer les méfaits de la pollution sur le long terme, le corps se renforçant pour lutter contre les radicaux libres.

Mais il en serait pas de même sur les risques cognitifs, c'est à dire concernant le cerveau. Une autre étude menée sur deux groupes de runners courant dans leurs milieux habituels, un en ville l'autre à la campagne, montrerait que les résultats sur les runners des villes seraient moins bons que ceux des champs. La pollution conduirait à une inflammation cérébrale qui part conséquence favoriserait le déclin mental. (Subclinical Effects of Aerobic Training in Urban Environment. Med Sci Sports Exerc. 2012 Oct 15 - Bos I. et al.)

Fullsizerender 1Pour Stéphane DIAGANA (ambassadeur RMC Running), (ici en ma compagnie sur le marathon du Beaujolais 2015), « il vaut mieux ne pas courir pendant les pics de pollution. Un sportif ventile six fois plus d'air que quelqu'un de sédentaire. (ndlr : de plus par la bouche donc pas filtré par le nez) Mais il vaut mieux avoir des activités physiques même quand l'air n'est pas spécialement pur, plutôt que d'être sédentaire. Les effets négatifs de la sédentarité l'emportent sur les effets négatifs de la pollution. »

Comme vous venez de le lire, la réponse serait plutôt favorable au OUI il faut s'abstenir de courir ! Mais la sédentarité serait encore plus néfaste... Donc on va se bouger, mais prenons toutes les bonnes précautions : ne pas faire de fractionné mais plutôt de l'endurance, ne pas courir aux heures les plus exposées au pic de pollution, courir de préférence à la campagne, sur les hauteurs (collines, montagnes...)... et ne pas croire que les salles de sports soient épargnées de la pollution, car dans un univers confiné, l'air n'est pas assez renouvelé.

 

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